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Synbionyme / Beauté Mag / Comprendre votre peau Le microbiote : la peau aussi

Une révolution scientifique et médicale est en marche depuis que la microbiologie a découvert que notre santé dépend d’une multitude de micro-organismes peuplant différentes parties de notre corps : l’intestin, la bouche, les poumons, et même la peau. Ces bactéries et autres microbes naturellement présents chez l’être humain participent à de nombreuses fonctions biologiques.

Nous vivons en véritable symbiose avec eux.

On les désigne aujourd’hui, en raison de la complexité de leur fonctionnement, sous le terme de « microbiote » de préférence à celui de flore (intestinale, cutanée). Le «  microbiome » désigne quant à lui l’ensemble des gènes présents dans un microbiote.

Objet des recherches les plus nombreuses, le microbiote intestinal est aujourd’hui le mieux connu. On sait que les bactéries qui le composent participent à la digestion, régulent le développement du système immunitaire et jusqu’au développement cérébral de l’enfant. Elles peuvent commander notre inflammation et notre faim ; elles fournissent des composés qui migrent jusqu’au cerveau et peuvent affecter notre comportement et notre humeur. Des chercheurs font aujourd’hui le lien entre altération du microbiote et obésité, diabète, allergie, voire anxiété, dépression ou autisme.

Les divers microbiotes hébergés par notre organisme évoluent au cours de la vie. Ils sont sujet à des déséquilibres et à des altérations et sont la signature d’un individu, comme de ses maladies sous-jacentes.

Leur équilibre est essentiel à notre santé.

Le microbiote de la peau

Avec une superficie moyenne de 1,8 mètre carré, la peau est le plus grand de tous nos organes. Plus qu’une simple enveloppe physique, elle constitue une barrière, un bouclier immunitaire et microbien. L’une de ses fonctions essentielle est de nous protéger des bactéries pathogènes en les empêchant de pénétrer dans notre organisme.

Les quelques 10 milliards de bactéries vivant à la surface de notre corps forment, avec d’autres micro-organismes, le microbiote cutané. 

Les bactéries commensales, c’est-à-dire présentes à l’état naturel chez les sujets sains, ne sont pas reconnues comme étrangères par la peau : elles n’induisent pas de réponse immunitaire conduisant à leur destruction. Non seulement ces bactéries échappent aux « radars » de nos cellules de défense, mais leur simple présence stimule et renforce la réponse immunitaire aux bactéries pathogènes.

De même que le microbiote intestinal est impliqué dans de nombreuses maladies, le microbiote cutané est associé à des déséquilibres inflammatoires de la peau. Des affections chroniques telles que le psoriasis, la dermatite atopique, l’acné, la dermite séborrhéique sont fréquemment associées à une perturbation de ce fragile écosystème cutané.

Quelles sont les bactéries qui habitent notre peau

Les différentes espèces de bactéries qui composent le microbiote cutané ne sont pas uniformément réparties à la surface de notre corps. Chaque espèce possède son habitat spécifique, choisi selon l’humidité, la salinité, la température, l’acidité (ou pH), la sueur et la teneur en sébum.

Au sein d’un même habitat, les micro-organismes simples (bactéries et virus) coexistent avec d’autres plus complexes (champignons et acariens). Quelques quatre vingt espèces de champignons vivent sur notre peau. Elles sont en principe inoffensives, sauf si pour une raison quelconque l’une d’entre elles se met à proliférer. La levure Malassezia peut ainsi déclencher une dermite séborrhéique (pellicules du cuir chevelu).

Les minuscules arthropodes, qui s’alimentent de peaux mortes, et que l’on retrouve, entre autres, à la racine des poils du visage, causeront, eux, si leur équilibre est altéré, différentes complications (rosacée, conjonctivite, etc…)

Le rôle de Staphylococcus epidermidis

Staphylococcus epidermidis est l’une des bactéries les plus abondantes au sein du microbiote cutané ; elle contribue activement à son équilibre ainsi qu’à la protection de l’épiderme. Non seulement cette bactérie mutualiste n’endommage pas la peau, mais elle produit naturellement des peptides antimicrobiens (les lantibiotiques) toxiques pour d’autres micro-organismes tels que le Staphylocoque doré (Staphylococcus aureus). En favorisant la croissance de cette bactérie mutualiste, le microbiote cutané lui permet ainsi d’apporter une protection complémentaire contre des bactéries pathogènes.

Staphylococcus epidermidis pourrait également favoriser l’intégrité des défenses cutanées en activant les défenses immunitaires.

Conclusion

Le microbiote cutané se forme en symbiose avec les cellules de l’épiderme. Sa diversité et son équilibre sont des facteurs déterminants de la santé et de la beauté de notre peau. C’est pourquoi il est essentiel d’en prendre soin et de remédier aux altérations quotidiennes provoquées par l’âge, la pollution ou une hygiène cutanée trop agressive.